Autour de Pierre gravite des femmes, beaucoup de femmes. Lui, comble le vide, les effeuille, les déflore et les oublie. L'Aveugle filme les scènes, garde la mémoire. Ou alors, il s'agit d'une toute autre histoire.
Autour de Pierre un frère attend, il attend de venger sa soeur. Il surveille, guette pour le tuer, pour effacer toutes traces du passé. L'Aveugle lui deale des drogues pour endormir sa mémoire. Ou alors, il s'agit d'une toute autre histoire.
Autour de Pierre, Marie veut la reconnaissance, l'immortalité. Elle vend son corps et son âme pour exister dans le regard des hommes. L'Aveugle la met face à elle-même. Ou alors, il s'agit d'une toute autre histoire.
Autour de Pierre entremêle les fables, les croise. Dans un studio de télévision, les histoires s'enchevêtrent entre réel et illusion. Et l'Aveugle regarde le spectacle.
Engluée dans son couple et dans son quotidien, une romancière n'arrive plus à écrire. Elle s'invente une seconde vie avec un autre homme pour échapper à la réalité. Le mari assite impuissant à cet adultère d'une étrange nature. La pièce revisite le triangle amoureux en brouillant la perception d'une raison vacillante.
Au départ il y a une disparition. "L" s'est envolée. Et retour en arrière, les personnages témoignent, essayent de reconstituer les faits, de comprendre à partir de leur subjectivité.
Sans L retrace l'impossibilité d'être parfaitement objectif à travers le croisement de regard des parents, amis ou connaissances de "L". Flash back, gros plans, la pièce emprunte les codes du cinéma pour mener cette enquête.
Comment voir ce qui n'est pas montré ?
Cette question est un point central de la pièce. Le parcours de L est à l'image du parcours initiatique du conte. Mais des contes originaux qui font preuves de cruauté et d'humour. Il est essentiel d'écouter le texte, de s'en approcher au plus près pour effeuiller les couches successives d'une apparente normalité afin d'en révéler la monstruosité.
Une rencontre dans un bar. Un homme, une femme. Conversation de comptoire pour tuer le vide, prélude sexuel, commerce de mots ou échange intime, la parole se déploit. Mais les mots restent suspendus, incapable de dire la vérité sous-jacente.
Pièce brève sur l'incompréhension et l'incommunicabilité, Jeudi, 23h48 s'inscrit dans un recueil plus vaste qui multiplie autour d'un narrateur-didascalien des témoignages sur l'impossibilité de se dire soi et le monde.
Au bout du couloir à droite s’ouvre sur une énigme. Qu’y a-t-il au bout du couloir à droite ?
Une femme a été enlevée alors qu’elle attendait le bus. Elle est danseuse et attendait son bus pour aller en répétition. Nous n’en savons pas plus. Nous la suivons sans pouvoir anticiper, sans comprendre davantage. Nous partageons sa terreur, nous sommes projetés dans son enferment. Les informations sont lacunaires, la réalité perd de sa consistance, l’espace et le temps se distordent.
Sur scène, deux personnages qui semblent échappés d’un cauchemar. Le réel chavire. Sommes-nous en train de rêver, sommes-nous mort ?
Peut-être est-ce simplement la réalité. La réalité d’une dictature avec ses emprisonnements abusifs, ses injustices, ses enlèvements aléatoires, sa politique d’intimidation et toutes les questions qui restent sans réponses.
Mais existe-t-il vraiment des réponses ?
Une sélection de quelques articles en liens directs, parmi une soixantaine de critiques de théâtre.
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